Charles William Frederick Dumas to John Adams, March 6, 1783
La Haie 6 e. Mars 1783.
Monsieur,
En com̃ençant par le plus pressé, voici une Lettre de Son Excellence le Ministre Plenipo: de cette rep. auprès de nos Et. Unis. 1 Il m’a chargé en outre de vous demander les Eclaircissemens suivants.
1 o. Quels Meubles & fournitures il lui convient principalement d’emporter avec lui d’ici, plutôt que de les acheter & faire faire à Philadelphie?
2 o. S’il devra faire une Entrée publique, ou S’il pourra s’en dispenser, sans se singulariser d’avec les autres Ministres Etrangers, & sans compromettre la dignité de la Puissance qui l’envoie, dans l’opinion de celle où il est envoyé?
3 o. Dans le cas où l’Entrée publique Soit nécessaire, lequel lui tournera mieux à compte, ou de faire faire un carosse de parade (pour cette seule journée où il s’en servira peut-être) ici, ou à Philadelphie?
Mr. Wheelock est parti pour Amsterdam, content de moi. Mr. Van Berkel le Pensionaire, à qui je l’ai présenté, est d’avis qu’il ne propose l’affaire ouvertement, que lorsque la conclusion générale de la paix aura remis les Esprits de ce pays dans une Assiete plus tranquille & plus gaie. J’ai accompagné les deux freres 2 à Leide où nous avons dîné chez Mr. Luzac & où Mr. Van der Kemp est entré de tout son coeur dans le Plan. Il doit avoir écrit aujourd’hui là-dessus au Professeur Oosterbaan à Amsterdam, 3 & à deux autres maisons Anabatistes à Harlem & en Frise. Il sera lui-même à Amsterdam d’une grande fête, qui S’y doñera le 15 à Mr. De Capelle du Pol & à Mr. Van Berkel où l’affaire pourra être com̃encée. 4 E[nfin] Mr. Gyzelaar s’interessera aussi a la réus[site du] Plan, quand il sera temps de le proposer dans sa ville. Pour à La Haie, le meilleur nous a paru de ne point faire usage des Lettres pour Le P ce. & pour M c L——, 5 au moins quant à présent, & jusqu’à-ce que la Réussite ailleurs empêche de tourner la proposition en ridicule, & de la traverser.
Vous devez avoir reçu actuellement, Messieurs, ainsi que les Ministres de France & d’Espagne, par ceux de la Rep e. à Paris, l’ouverture d’entamer la Négociation pour un Traité de Garantie réciproque de la Liberté des mers. 6 Ces Messieurs comptent à cet égard, & principalement , sur les promesses réiterées que vous m’avez autorisé de leur faire, sûrs que vous ne vous laisserez point influer ni diriger par Shelburne & Co :, qui s’entendent , disent-ils, com̃e larrons en foire . Vous n’aurez pas de peine à comprendre l’allusion.— Si cette convention pouvoit se faire avant la signature du Traité définitif, ce seroit le triomphe ici de nos républicains.— Quelqu’un m’ayant objecté, que l’Angl e. pourroit en prendre ombrage Si ce Traité se faisoit avant l’autre; Et depuis quand , ai-je repliqué, la France a-t-elle recom̃encé à avoir peur de donner ombrage à l’Angleterre?
Je Suis avec grand respect, & en vous présentant les obéissances de ma famille avec les miennes, Monsieur / Votre très-humble & très / obéissant serviteur
Dumas