Charles William Frederick Dumas to John Adams, May 30, 1783
Lahaie 30 e. May 1783
Monsieur
Je viens d’avoir un Entretien avec un des premiers personnages de ce pays, dont ce qui suit me paroît de nature à devoir vous être com̃uniqué sur le champ: savoir, 1 0. que votre Emprunt à Amsterdam, de 5 millions de florins, seroit rempli depuis longtemps, si Mrs. W m. & J n. Willink l’avoient eu seuls entre les mains; non que les 2 autres Maisons co-Directrices eussent manqué de bonne volonté, mais parce qu’elles ne pouvoient ni s’y prendre aussi bien, ni disposer avec le même ascendant, concert & succès, des Bourses, tant à Amsterdam que dans les autres villes:— 2 0. Que si le Congrès, tout en laissant les 3 Maisons continuer à compléter les cinq millions contractés, vouloit ouvrir un nouvel Emprunt de 10 millions de florins au moins, entre les mains seules de M rs. W m. & J n. Willink, on assure positivement, que cet Emprunt seroit rempli trèsrapidement, & avant même que celui des 5 millions puisse être complet.— Il faudroit, ajoute-t-on, se presser pour cela, avant que d’autres négotiations, qu’on croit que ce pays va faire pour luimême, rafflent l’argent, tandis qu’il n’y auroit pas pour les prêteurs de choix à faire d’un intérêt plus haut.— On m’a protesté que Mrs. Willink n’ont aucune connoissance que cette ouverture m’ait été faite. Et outre son importance, j’ai encore une raison spéciale pour me presser de vous en faire part, après en avoir demandé la permission; c’est que, dans peu, cette notion ne pourra manquer d’être communiquée, en conversation, à tout Membre du Congrès qui s’informera des moyens & de la méthode de lever de l’argent en Hollande, avec la même promptitude & facilité qu’ont éprouvée depuis si longtemps, entre autres & sur-tout, les Anglois. l
Après vous avoir exposé fidelement, & le plus exactement qu’il m’a été possible, ce que dessus, il me reste à vous prier, Monsieur, quelque usage que vous jugiez à propos d’en faire, de vouloir bien éviter que les 2. autres maisons ne m’en puissent vouloir, com̃e si je me prêtois aux vues d’autrui pour les faire exclure, ce dont je n’ai ni la pensée ni le moindre motif. Je veux simplement faire mon devoir, ne vous laisser rien ignorer de ce qui pourroit être utile, &, au cas que vous jugeassiez nécessaire que j’allasse demander à Mrs. W. des Explications, ou le projet d’un plan, soit de votre part, soit de maniere à ne point Vous compromettre, de suivre de mon mieux vos ordres pro bono publico .
Je Suis avec un vrai & grand respect, / De Votre Excellence / Le très-humble & très-obéis- / sant serviteur
C.w.f. Dumas
P.S. La personne en question (que je vous nom̃erai dans une autre Lettre, si vous ne la devinez, par celle ci) m’a assuré sérieusement & positivement, qu’il sera aussi aisé de lever successivement 50 millions, que les 10 millions dont il est question par la présente. Mais cette personne ne sera plus ici pour être consultée quand vous me répondrez, Monsieur; & voilà pourquoi il n’y a plus d’éclaircissemens à avoir là-dessus, qu’en s’adressant directement & secretement à Mrs. W, au cas que vous en desiriez.
2 e. P.S. Mr. Texeira un Juif Portugais ici, m’a prié de consulter V. E. Si & com̃ent on pourroit acheter des terres en Sud-Caroline, sans que le Proprietaire fût obligé d’y aller résider lui même autrem t. que par Procureur ou Mandataire. Cest leur Synagogue ici qui spécule pour une telle acquisition, afin d’y envoyer & employer utilement une troupe de leurs pauvres dont ils se trouvent surcharges. Mr. Texeira m’a dit qu’ils avoient dejà été en Marché pour des terres que Mrs. Salvador de leur religion à Londres possedent en ninty-Six , mais que les possesseurs ne vouloient s’en défaire. Et le Neveu de Mr. Salvador m’a dit que le márché n’avoit pu se conclure, parce qu’on n’avoit offert que [ 6? ]000 £. St. pour des terres qui valoient beaucoup plus. Ceci pourroit être com̃uniqué, avec mes meilleurs respects à S. E. Mr. Laurens[. . .]. 2