Letter

Anne-Louise Boivin d’Hardancourt Brillon de Jouy to Benjamin Franklin, September 17, 1778

ce jeudi 17 [September, 1778] 6 a annét

Comme je venois de vous écrire mon chér papa pour le thé de mércredi, comme je pensois bien fort a vous, comme je disois, óh surement si ce bon papa le peut, il reviendra nous voir; je reçois une léttre du voisin 7 qui m’annonce que vous viendrés tous le samedi 26, que le jour est pris, que vous viendrés disnér, et ne retournerés que le lundi 28 aprés disnér; qu’en attendant vous m’aimés toujours et que vous m’écrirés; vous exprimér le plaisir que m’a fait la léttre du voisin seroit bien difficile, si vous ne sçaviés déja a qu’él point je vous suis attachée; vous voir, vous voir chés moi mon chér papa, est un des plus grand bonheurs dont j’aye jamais joui, et que je puisse imaginér; mon áme faitte pour aimér bien fortement, pour sentir tout le prix du retour de la vostre, s’est si bien accoutumée a vous voir souvent, que vous lui manqués absolument, qu’elle vous chérche, vous appélle … les mercredis et les samedis surtout sont d’une longueur a passér! L’éspérance au moins vá me soutenir; samedi je dirai, encore un mércredi, mércredi je dirai, samedi ce bon papa viendra; ce samedi la je dirai je suis heureuse; en attendant je penserai tous les jours, que le jour que je viens de passér, m’approche de celui ou nous nous revérons; et tous les jours je vous aimerai jusqu’a la fin de ma vie, et je croirai que quelquefois vous distes, madame Brillon est une amie de plus pour moi; j’ai l’honneur d’estre mon chér papa Votre trés humble et trés obeissante servant

D’hardancourt Brillon

Sources
Founders Online u2014 Papers of Benjamin Franklin View original source ↗