Letter

Charles William Frederick Dumas to John Adams, June 8, 1785

Lahaie 8 e. Juin 1785

Monsieur,

J’ai la satisfaction de pouvoir vous annoncer que tout est à peu près raccom̃odé. Je dis à peu près: car il faudra toujours écrire, le plutôt le mieux, à L. H. P. la Lettre en question, où vous leur exposerez le cas. La Résolution avoit passé hier, com̃e j’ai eu l’hoñeur de vous le mander. Mais com̃e la résomption devoit s’en faire aujourd’hui avant d’être arrêtée, on revint un peu à la proposition des modérés, d’avoir une explication avec moi. En conséquence Mr. Fagel m’a envoyé prier ce matin de passer chez lui à 10 heures: ce qu’ayant fait, il m’a exposé la sensibilité de L. h. P., & demandé si Mr. Adams accrédité & admis tout récem̃ent auprès de Sa M. Brit., étoit le même qui étoit accrédité auprès d’eux— Je l’ai prié de me dire, s’il me faisoit la question com̃e Mr. Fagel, ou com̃e Mr. le Greffier.— Il m’a dit: j’ai ordre de vous le demander de la part de L. H. P. — J’ai donc, lui ai-je dit, un double & triple motif de vous dire la vérité; la voici en trois mots: c’est le même — J’ai poursuivi, qu’il m’étoit aisé de vous justifier provisionnellement, en attendant que vous le fissiez vous-même par Lettre à L. H. P.; & làdessus je lui ai lu ce que vous m’avez fait l’honneur de me dire sur ce sujet dans vos Lettres de Paris du 11 & du 18 May.— Il a été très-content de la maniere dont vous exprimez votre embarras dans les deux passages, en ajoutant: “J’ai bien dit que Mr. Adams étoit honnête, & incapable de manquer à L. H. P. Je vous prie de lui faire mes complimens, & de l’assurer de mes sentimens d’estime & d’amitié pour lui.”— Je lui ai lu ensuite ce qu’il convenoit de la Minute de mon susdit postcrit, qu’il a approuvé. 1 Il m’a dit alors, qu’il avoit écrit hier provisionnellement à Mr. De Linde, de s’informer; mais que L. h. p. avoient trouvé bon, au lieu d’arrêter une Résolution, de prendre la chose ad notam , en d’autres termes, de la rendre Commissoriale , si les explications que je pourrois donner se trouvoient satisfaisantes; ce dont il ne doutoit pas, si je voulois lui donner Extrait de ces Lettres, pour le produire im̃édiatement à l’Assemblée. Com̃e le temps étoit court, & qu’il n’y avoit rien d’ailleurs dans les deux Lettres qui ne pût être vu d’un chacun, j’ai pris le parti de lui confier les Originaux (ce que Mr. De Verac, à qui je l’ai raconté, a approuvé). 2 Il me les renverra.— J’ai couru delà à un autre bout de la Ville, instruire l’ami d’hier, qui alloit sortir pour se rendre à l’Assemblée. Mon attention lui a fait plaisir. Après dîner j’ai appris, que la prise ad notam a eu lieu. Mr. Fagel m’a dit aussi, que le Roi de Suede en question étoit celui d’aujourd’hui; le Ministre dont il se croyoit offensé, Mr. De Linde actuellement à Londres; & celui qui cita ce trait hier à l’Assemblée, Mr. son frere de Blitterswick.— 3 Il m’a dit aussi, que quelques têtes chaudes avoient opiné de rappeller Mr. van Berckel.

La proposition d’Amsterdam, dont je vous ai parlé, & un terrible Mémoire de Mr. le Ct e. De Maillebois, qui l’a suivie de près, vont, selon toute apparence, produire l’Etablissement d’un Département Militaire, qui diminuera prodigieusement certaine influence.

La crise en Allemagne continue de mûrir. Je viens de déchiffrer une Lettre interessante là-dessus. Mais ceci fort entre nous.

P.S. du 10 e. Juin

Mr. le Greffier Fagel, en me rendant ce matin les deux Lettres susdites, m’a dit, que l’Eponge est passée sur toute cette affaire, & que L. H. P ont ordonné de la rayer même des notes . Cela vous rendra, Monsieur, la Lettre de politesse, qu’il est toujours & d’autant plus à propos d’écrire, encore plus aisée.— Je lui ai demandé en même temps, à la requisition de Mess. Willink &c. un passeport pour vos 2 Caisses qu’ils ont en main. Il me l’a fait expédier tout de suite, en me réitérant de vous transmettre les témoignages de son estime & amitié: il m’en a promis un semblable pour vos effets ici, quand ils seront prets à partir: ce dont on com̃encera Lundi prochain à s’occuper. 4

Permettez que Mesdames Adams trouvent ici les assurances de nos respects pour Elles & pour Vous Monsieur, De Votre Exc e. le très-humble & très-obéissant serviteur

Cwf Dumas

Sources
Founders Online u2014 Adams Papers View original source ↗