Letter

Anne-Louise Boivin d’Hardancourt Brillon de Jouy to Benjamin Franklin, July 25, 1781

ce mercredi matin a l’arbalestre [July 25, 1781] 4

Je vous ai promis de vous écrire un mot, et malheureusement il faut que je tienne ma parolle au piéd de la lettre; j’aime a prométtre peu, et a tenir davantage surtout quand je cause avéc vous mon chér papa; il me semble que lorsqu’on S’aime beaucoup, l’espoir n’a rien a faire et que le coeur seul conduit la plume, hors vous sçavés qu’un coeur est toujours bavard, qu’il a toujours quelques choses a dire ne futce que je vous aime , qu’il sçait dire, redire, sans s’en lassér et sans ennuyér celui qui lui rend sentiment pour sentiment:

Nous avons tous senti ici le prix de la journée que vous avés donné samedi, elle a paruë courte a tous les habitans de l’arbalestre qui me chargent de vous le dire en vous présentant leurs hommages; je ne sçaurois vous dire mon ami combien il m’en coutte loin de vous et de mes bons voisins, l’idée de faire un voyage long cét hiver 5 m’afflige d’avance, on assure qu’il est nécéssaire a ma santé, je tâche de me le pérsuadér, mais la raison a peu de droits ou le coeur commande; adieu mon bon papa a samedi:/:

Sources
Founders Online u2014 Papers of Benjamin Franklin View original source ↗