Letter

Anne-Louise Boivin d’Hardancourt Brillon de Jouy to Benjamin Franklin, February 15, 1781

ce jeudi 15 Fevrier [1781] 6

Vous n’estes point venu hier mon bon papa étiés vous incomodé? aviés vous affaire? ne m’aimiéz vous pas tant qu’a l’ordinaire? Je me suis téllement accoutumée a vous voir deux fois la semaine, 7 que les jours ou vous ne venés pas me semblent rayés de mon éxistance, de cette éxistance qui ne m’est chére que par les douceurs de l’amitié; ce soir si vous n’aviés rien de mieux a faire; voulés vous, une tasse de thé, deux parties de dames et trois noëls; si jamais le ciél permest que je sois assés forte pour allér jusque chés vous, je vous promest de vous rendre vos bonnes visittes; jusqu’a ce moment ayés quélques pitiés d’une créature foible et languissante; dont l’áme vive, aimante, use sans césse la frésle machine déja fatiguée:/:

Apportés quelques jours dans votre poche mon petit conte, 8 il y á une fautte que je veux corrigér; n’allés pas croire qu’il n’y en a qu’une, croyés seulement qu’il y en a une trop forte a suportér.

Sources
Founders Online u2014 Papers of Benjamin Franklin View original source ↗