Letter

Charles William Frederick Dumas to John Adams, December 10, 1782

Lahaie 10 e. Dec. 1782

Monsieur,

J’ai une Lettre de Mr. J. W. Van Arp d’Amsterdam, où il me demande en Hollandois ce qui suit.

“Nous avons ici dans notre port le Vaisseau Fearnot, Cap ne. Steph. Crac de Boston. Ce vaisseau a été acheté ici par Mr. G. P. Salis March d. dans cette Ville, lequel l’equipera pour compte du Susdit Capitaine; & il vous prie avec moi d’avoir la bonté de procurer de la part de Son Exc e. Mr. Adams un Passeport pour le dit Vaisseau, afin que ce bâtiment puisse Sûrement faire le voyage pour là. Le port du Vaisseau peut être d’environ 30 à 35 Last (c’est-à-dire 60 à 70 tonneaux); & ira ainsi sous Pavillon Américain.” 1

Il se passe ici des choses surprenantes. 2 Il ne s’agit pas de moins, depuis mercredi dernier, que d’un complot pour exciter une émeute ici, au moyen de la populace, & d’une 30 e. au 40 e. d’yvrognes, garçons Imprimeurs de G—— le Gaz ier. , 3 & fondeurs de la fonderie de Canons, à qui l’on fit faire des bachanales & autres désordres pendant les nuits de Jeudi & Vendredi. La populace fut sage, & hua les noctambules. Les Pensionaires, de leur côté, intrepides, allerent Samedi au soir obliger le G d. P e. de convoquer l’Assemblée extraordinairement pour le Lundi matin suivant, pendant que l’on faisoit encore des tentatives, mais inutiles, pour ameuter les porteurs de tourbes. 4 Hier Lundi matin, les Etats assembles prirent & arrêterent cordialement, sans résomption, une Résolution, qui sera incessam̃ent publique, dans laquelle, après de très fortes prémisses, ils chargent la cour de Justice de poursuivre criminellement l’affaire, & les Com̃ittees de Raden de passer un Acte & prendre toute autre mesure, pour que pareilles tentatives ne puissent plus avoir lieu. On dit que l’intention étoit, en faisant arborer au peuple certaine cocarde, à l’exemple des yvrognes, de faire massacrer les Pens res. , rappeller le D—— de Br., conclure une paix particuliere avec les Anglois, chevaucher la nation &c.

La confidence, Monsieur, que vous aviez faite à Mr. Brantzen des préliminaires signés entre vous & l’Angl e , & qui contredisoit si victorieusement le bruit semé ici, pour favoriser la sédition, com̃e si les intérêts de cette rep. étoient abandonnés à Paris; cette confidence, dis-je, qui n’auroit plus dû l’être ici après que L. H. P. en auroient été instruites, on ne l’a com̃uniquée aux Membres des Et. d’Holl., qu’après avoir exigé d’eux sous serment le plus rigoureux secret, afin de les mettre hors d’état de pouvoir détromper le peuple à qui l’on faisoit accroire le contraire, pour favoriser sa sédition 5

Présentement tout a tourné à la confusion des Moteurs de ce complot.

4 Villes de Frise, ont déja suivi l’exemple de celles d’holl de. , pour faire à l’avenir eux-même l’Election de leurs Emplois; & d’autres les suivront. 6

J’espere avoir fini de copier cette semaine ce que je vous ai promis 7

Je suis avec le plus respectueux attachement, Monsieur / De Votre Exc e. / le très-humble & très / obéissant serviteur

D

La Gaz. G—— a décampé.

Sources
Founders Online u2014 Adams Papers View original source ↗