F. Campadelli: Ode, ce 1er Mai, 1865
F. Campadelli: Ode
ode. Abraham Lincoln, ou le triomphe de l’ Union Américaine, dédié a l’honorable Monsieur Bigelow, Ministre des Etats Unis.
Le nionde gémissait de cette lutte immense Où s’exaltait l’orgueil et l’insigne démence D’olygarques brisant le pacte d’Union, Pacte sacré, portant en sa puissante séve Des destins que n’ont pas les conquètes du glaive Pour conduire à son but la grande nation. De Washington pour eux lœuvre serait chimère— Quand ce héros vengea la liberie, sa mère, Contre les oppresseurs d’un monde en son berceau, Afin de lui donner sa base légitime, Il groupa sans effort, par un lien intime, Des Etats fraternels sous un mêrne drapeau. Et ce labeur, scellé du sang de tant de braves, Fondé par la vertu, pure de ces entraves Que l’ambition forge au profit des tyrans, A constamment fleuri près d’un siècle prospère, Donnant à I’Univers I’exemple salutaire Du saint respect des lois qui fait les peuples grands. Si I’Europe se plait à se faire une idole De tout usurpateur sans frein qui les immole, Dictant pour toute loi sa seule volonté, Sur ce sol généreux, immense champ d’asile, Conviant I’homme fort à le rendre fertile, Le premier fruit vital est dans la liberié. Là, ce n’est pas en vain que tout mortel I’implore: Du faible elle est le droit, et le puissant s’honore De toujours maintenir son niveau respecté. Alors, chez lui, talents, génie, honneur, fortune, Au lieu d’être un danger pour la cause commune, Sont les gages certains de sa prospérité. Aussi, quelle grandeur au vieux monde inconnue L’Amérique atteignait, depuis la bienvenue De l’ère où Washington vînt aflirmer ses droits! La Maison-Blanche a vu sans garde prétorienne, Sans licteurs, sans l’éclat de la pompe ancienne, Des magistrats plus grands et plus fiers que des rois. Droit moderne, salut! Et voila ton prodige! Palais de la vertu, salut! car ton prestige Ne vient pas d’un pouvoir par la force usurpé: Quiconque en tes lambris pense, agit ou respire, N’est grand qu’en subissant et maintenant l’empire Des lois qui font l’honneur d’un peuple émancipé. Eh quoi! des héritiers de ce plan magnifique Où se déVeloppait la grande République Ont ose le briser, sous le prétexte vain De cette liberté” qui serait leur victime, Si, triomphant avec l’esclavage, leur crime! Iis lui faisaient subir un affront souverain! Mais le droit s’est levé dans sa virile force: Tout un peuple a flétri cet infáme divorce Que pour eux seuls rêvaient d’orgueilleux citoyens: Et, saisissant le fer contre la ligue impie, II a vaincu—laissant toute haine assoupie Quand ont mis l’arme bas ses aveugles soutiens. Gloire, honneur à Lincoln! homme d’une foi pure, Qui porta le fardeau si grand, sans dictature, Sans violation du temple saint des lois; Honneur à ces guerriers loyaux, vaillaints et fermes, Qui des rébellions ont pu franchir les termes, Sans jamais imprimer de tache à leurs exploits! Iis atteignaient déjà l’heure de la concorde— Amérique! c’était un éloquent exorde Pour la démoeratie en marche d’avenir— Que peuvent désormais les sophismes néfastes Dont se parent encor les tyrans et les castes, Quand devant eux surgitl’ombre de ton martyr! O crime! ô trahison! dans ton revers suprême Tu glisses dans le sang et l’ignoble blasphème— En vouant pour jamais à rimmortalité Un champion du droit clément, dont la grande âme Est l’auguste rachat de ce tribut infâme Qu’une race payait à la fatalité!
Ex-Lieutenant des Volontaires Italiens.