Arnold Henry Dohrman to John Adams, February 19, 1783
Lisbonne ce 19 fevrier 1783.
Monsieur
Permettez-moi que je seliute a Votre Ex e. sur l’heureuse issue de notre Gloirieuse Cause, voila nos Ennemis abattú & l’honneur retabli pour jamais a notre Amerique, votre Ex e. doit connoitre mieux que personne la grande part que je prend dans tout ce qui concerne les Interets de l’Etats Unis de l’Amerique, 1 pour le service desquels je n’ai pas hesité comme une marque de mon attachement a exposer toute ma fortune par consequent elle pourra concevoir de quel plaisir je dois etré animé en nous voyant parvenú en si peu de temps a un but ou les Hollandois n’ont pú atteindre qu’apres septante ans, 2 je m’en rejouis & n’en ai jamais douté.
Cette Cour vient finalement a vouloir faire aussi quelque chose pour r’appeller ceux qu’ils ont si legerement & imprudemment bannis, il sembla qu’ils sont revenú de leur ancienne fierté, fondé sur la jadis puissance de l’Angleterre, ils ont soutenú ce Caractere bien en avant & il n’y a que quelque tems qu’ils ont commencé a craindre les Consequences ils ont donc finallement par l’inclus decret revoqué on de trait ceux par lesquels ils nous ont si fortement offensé, 3 je tache presentement que je puis decouvrir ma Commission d’aprofondir autant qu’il me sera possible les Dispositions du Portugal envers l’Amerique, sans cependant en rien compromettre les Etats-Unis, etant trés fortement persuadé que l’interet du Portugal l’exige, qu’ils nous recherchoient puisque nous pouvons vendre & acheter partout avec moins de géne & plus bon marché. si par des Efforts extraordinaires (& a qouy ils semblent peu disposé) Mess rs. le Portugais, ne nous engagoient a leur accorder notre Amitié. sur le pied dont nous l’accordont a toute autre Nation, j’avoue que cet Edict semble plutot etré dicté pour ne plus grossir la masse des affronts dont ils craignoient les consequençes que par un desir Reel a nous faire plaisir, & de celui de nous donner une Satisfaction, ils n’y ont envisagé que Lapas de leur Interets, qui pendant cette Guerre les a fait patir, pour avoir eu trop de Complaisançe pour l’Angleterre, & dont ils veuloient se refaire.
Mon Interêt est lié a celui des Etâts-Unis, & si je ne pui parvenir a etablir une Correspondance entre ces Paÿs d’un avantage reciproque, je m’en irai plutot en Amerique que d’y donner les mains.
Je serois extremement charmé de recevoir des Nouvelles de Votre Ex e. e je la prie de Croire que je suis avec beaucoup d’Estime / de Votre Ex e. / très humble & très ôbeiss t. Serviteur
Arn d. Henrÿ Dohrman
P. S. Je prie votre Ex e. de assurer de mon Respect a Mess rs. Franklyn, Jay & Laurens, auquels deux premiers nommé j’ai eu l’honneur d’ecrire plusieurs Lettres, dont je n’ai jamais eu de Reponse. 4